Introduction : Un désert dans le cœur français

La maturité, qui m’a permis d’acquérir ce que je suis aujourd’hui en âge d’appeler le vécu, ainsi que mes nombreuses tentatives de rédaction d’un roman soldées par des échecs, m’ont appris une chose : ce qui parle aux Hommes, c’est d’écrire avec le cœur. Et dans chaque cœur se trouve une forme de vérité.

Évidemment, tout ne peut pas être dit. Il faut conserver une part de mystère, un fragment d’intimité. Car certains mots sont trop lourds pour devenir le fardeau des autres, ou tout simplement, par ce qu’il est aussi important de sauvegarder une part d’ombre parmi ce qui constitue notre individualité. Une facette que seuls quelques élues auront le privilège de découvrir lors de la conquête de notre confiance.

Je souligne l’importance du choix du déterminant quand je dis « une » et non « la » vérité. Le banal se doit d’être glorifié par les sentiments, montré sous un nouveau jour, décoré de quelques accessoires pour le rendre aussi attrayant que la forme dont il est perçu par l’auteur. Qu’il puisse ainsi accompagner les rêves d’évasion que certains viennent trouver dans ce type d’histoire.

Si je vous dis tout cela, c’est par ce que j’ai décidé de rédiger une grande partie de mes traces à chaud. Ce que vous lirez dans mes compte-rendus est donc un fabuleux mélange entre ce que mon cœur veut hurler au monde, dénué des secrets qui l’habite.

Je laisse le loisir aux plus investis dans cette lecture d’utiliser cette belle plume qu’est votre imagination pour remplir le vide que certaines de mes pages peuvent laisser, ou, étouffer l’ambiguïté, le non-sens, ou tout simplement l’ininteressant, des autres.

Je ne conteste à personne le droit de crier « menteur ! » au détour d’une phrase qui se voudrait trop lyrique ou d’un récit trop épique. Les histoires sont faites pour être lues et contées, non pour être crues.

Il m’arrive moi même de ne plus déceler le vrai du faux. L’autre soir, -lors d’une précédente aventure – je sortais couteau et lampe à la main de ma tente persuadé d’avoir vu un groupe d’ombres malveillantes passées au dessus d’un vieux mur en pierre menant tout droit à mon nid. Les silhouettes me paraissaient comme ne pouvant être que malveillantes. Après une demi heure à les pourchasser dans la pénombre en vain, je me résolus à croire qu’il ne s’agissait peut-être qu’en réalité des contours rendus informes par la nuit des branches d’un vieux chêne oscillant au gré du vent. La fatigue et la solitude jouent souvent de mauvais tours à la raison, surtout après avoir parcouru une centaine de kilomètres. Mais le mal était fait. Les probabilités menant à deux conséquences, l’une plus tragique que l’autre, j’ai replié mon campement en 5 minutes comme j’avais appris à le faire, et à mon tour je suis devenu une ombre de la nuit, un bruit sans visage.

En poursuivant cette logique qui est de vous parler en obéissant à mes pulsions, je continue ce récit qui revient sur mon voyage de préparation en jeûnant sur les routes de Saint Jacques. Et maintenant, au moment où ces lignes viennent s’ajouter à mon journal, j’ai envie de vous parler d’un tableau qui me laisse perplexe : La campagne française.

J’entame donc mon entraînement avec un itinéraire pratique, car je souhaite arriver chez mes grands parents qui vivent dans ce que tout le monde appelle la Bretagne sauf les bretons, cette autre rive de la Loire.

Premier aveu : J’ai triché. Je ne suis pas parti comme le ferait tout bon pèlerin du parvi de Notre Dame, mais d’une petite commune dans les environs d’Etampes, au nord de la capitale. J’ai préféré raccourcir mon séjour en échangeant deux jours de marches contre 34 minutes de trains. Par ce que, comme toujours quand je ne m’éloigne pas assez, des obligations m’obligent à revenir tôt. Mais pour le coup, c’était peut-être la plus noble des raison : L’amour.

Je vous rassure gentes demoiselles qui ne seraient pas encore au courant du blair, il ne s’agit pas du mien. C’est celui de ma cousine dont il est question. Habitant les régions Nord-est de l’Angleterre, elle a choisi un 14 juillet pour se marier ! Qui en plus d’être un jour de fête, est aussi la veille de la finale de la coupe du monde ! (elle vous fera croire que c’est le hasard). Le chanceux, lui, c’est ce même sympathique boyfriend qui lui avait sans aucun doute proposé un cinéma et une balade romantique dans le parc local à la sortie des classes quand elle n’étais encore qu’une collégienne. Vous pouvez donc mettre à la poubelle, comme je l’ai fais, les bouquins à base de mauvaise philosophie de comptoir, estimant que l’amour vient avec une date limite. Ils n’ont pas vu les années s’écoulées, jusqu’au jour où le doute laissa la place aux promesses, et maintenant nous y voilà pour le grand final ! Un mariage qui fut beau et émouvant. De ce qui redonne foi en le Grand Amour. Où l’open bar est un savoureux popcorn devant la grande tragi-comédie familiale. Ce temps passé avec ma famille fut d’une rare béatitude que je conserve précieusement en tant qu’illustrations de tout l’amour que je leur porte. Mais revenons en à mon récit. Je suis donc à nouveau sur ma cher et tendre route avec laquelle je flirte avant les fiançailles.

Je ne sais pas si quand on sort de Paris, on pénétre dans ce que les géographes ont poétiquement appelé la diagonale du vide (je n’ai pas la volonté d’aller vérifier), mais en tout cas cela porterait bien son nom. Me voilà donc propulsé, à 60 km de Lutece, en plein désert. Jamais la route n’a pris autant de sens à mes yeux que quand il n’y en a plus.

La campagne française, je la connais bien, mais c’est la toute première fois que je suis écrasé par l’immensité de son vide. Le tas de sable qui accueillit les tentations du Christ pendant 40 jours est bien loin. Cependant, pas une colline, pas un monticule, pas une bosse à l’horizon. Une immensité d’or, mais aussi de bruns annonciateur de l’automne et des nuances verts à ne plus pouvoir les nommer. Le tout parfaitement synchronisé, découpant géométriquement le paysage en ne laissant dépasser que quelques engins agricoles plus habité par la rouille que les fermiers, qui ont sans doute oublié où il les avait garé.

Au début les pieds et le dos vont bien. Je retrouve Calme et Simplicité. Je chante, je débats avec moi-même, j’apprivoise le silence. En pratiquant cette dernière activité, je me tourne vers cette campagne qui d’or au soleil, la regarde comme un ado tombé par hasard sur une plage nudiste. Je suis impressionné par l’absence de forme et me projette dans un voyage désertique porté par ce vide qui me fera oublier la monotonie du contact pieds/chemins pour me concentrer sur un itinéraire plus intérieur : celui de l’esprit !

Celui-ci commence bien, j’ai la chance de tomber sur un honnête homme qui me propose le café. Nous parlons de dieu et de ceux qui y croient, des voyages, de la marche… Un petit troc de vie s’opère, je suis heureux ; l’aventure, comme beaucoup, commence parfaitement.

Une vingtaine de kilomètre plus tard j’ai chaud et soif, des sensations qu’aucuns entraînements ne pourront faire disparaître. Le jeûne rend l’effort difficile. En limitant mes rations à une poignée de cacahuètes et quelques haricots une fois la nuit tombé (avant d’abandonner plus tard l’idée de manger) je me complique la tâche. Je suis donc à la recherche d’eau mais pas de robinet ni de fontaine en vue, et les rivières sont sales. Au loin, des centaines de milliers de litres d’eau sont pulvérisés dans les airs par des arroseurs industriels, comme d’inatteignables oasis frappé par le soleil. Je suis entouré d’arc en ciel.

Je me fâche au quarantième kilomètre et déclare ce désert laid car il n’est pas naturel, et qui plus est, il n’a pas été construit pour l’être. J’en viens à regretter les forêts que traversaient les messagers des rois Henri, Charles et Louis… leurs ombrages salvatreurs, leurs cours d’eau limpide et fraîche. Ce n’est pas un lièvre croisé au détour d’un chemin que je rencontrerais ça et là, mais tout un système en symbiose qui ne prêterait même pas attention à ma présence.

Au soixantième kilomètre une terrible tempête se leva et je vins à pester les Hommes habitant de cette terre. Imaginez-vous perdu dans un champ qui a pour limite l’horizon, coincé sous un orage qui chante des symphonie de guerre aéronautique. Zeus qui pourfant le ciel avec son gigantesque cure-dent électrique à la recherche d’amuse bouche, ou de la dîme qui lui est dû dans ses campagnes, dans un bol où il n’y a plus que vous. Et contemplez impuissant cette pluie torrentielle qu’un panorama dégagé nous permet de voir arriver au loin tel le grand Leviathan.

Je suis pratico-minimaliste, mais mon sac pèse tout de même 16 kilos (il en fait 25 aujourd’hui alors que j’arrive aux frontières polonaises). Pas le choix ; si je reste je devrais m’allonger et voir toutes mes affaires dépérir dans la boue, sans pouvoir me lever au risque que mes blasphèmes furent entendus. Alors, je cours. Je n’aime pas courir, mais l’exercice est plus facile quand on fait entrer la notion de survie en jeu. Je cours sur peut-être 2 kilomètres comme un mule que l’on aurait fouetté d’une main trop cinglante. Heureusement, à bout de souffle je finis par arriver dans un petit hameau où j’avais prévu d’y remplir ma gourde.

Ce qui n’avait pas été mouillé par la pluie, l’était par la sueur. Et je vous passerai les détails de mes ampoules explosées par la percutante pression des semelles. Deux voitures sont passées ! Deux ! Le regard de dégoût et dénué d’empathie des conducteurs, restera dessiné sur tout ce qui demandera à être frappé très fort pour un bon bout de temps.

Nous voilà donc au soixante-deuxieme kilomètre, et à cette instant je retombe amoureux des Hommes et de leur campagne.

Évidemment mon indignation écologiste demeure, mais j’aime tomber bêtement amoureux. Et généralement on se tourne vers ce qui un jour ou l’autre peut nous détruire.

Pourquoi suis-je à nouveau heureux ? Alors que mon feu de brindilles mouillées peine à rester assez longtemps allumé pour chauffer mon café, que mon seul abri est un complexe puzzle entre le vide et les feuilles d’un arbre. C’est par ce que je suis près d’un cimetière !

Rassurez-vous, n’y voyez pas une passion satanisme morbide. Mon intérêt pour ce lieu sacré, cette ultime hôtel sans pension, est tout simplement pratique. D’abord par ce qu’il y a de l’eau. Ça peut paraître anodin mais le monde moderne à tendance à oublier ses vagabond. Nous sommes devenues aux yeux du grand nombre des fous qui fuient un confort durement acquis par l’Histoire pour se perdre dans la Géographie (cf. Sylvain Tesson). Les fontaines dans les villages sont asséchées ou en ruine. Les églises n’accueillent plus les prêtres détenteurs d’une charité chrétienne envers les pèlerins, non, ces mœurs elles ont disparus . Il ne subsiste que le cœur et la pitié de quelques braves habitants perdus dans ce désert cerealeux. Un cimetière, c’est devenu pour moi, en France en tout cas, ce qui jadis était le clapotis miraculeux d’un ruisseau, ou encore la vue d’un amas de pierre en forme circulaire orné d’un sceau de taule.

C’est presque devenu un rituel pour moi. À la vue d’un petit groupe de croix je ralentis. Arrivé à sa hauteur je dépose mon sac contre le petit mur effrité. J’ouvre délicatement le portail métallique à la peinture écaillée. Et j’entends son vieux grincement… baillement des morts réveillés par un visiteur impromptu. En hommage à leur ultime espoir avant le déclin, celui d’un jour rejoindre ce paradis qu’ils ont longtemps loué et glorifié, je leur propose un humble signe de croix, quelques paroles… Puis mes yeux se mettent en quête du robinet.

Parfois, j’abuse de leur hospitalité. En refermant la porte, je longe le mur à la recherche d’un recoin caché. Là j’y pose mon sac et m’installe pour une sieste, s’il est tard, pour la nuit. Car leur silence me berce. De surcroît, ils ne sauront pas dérange par mes ronflements. Et finalement, le respect quasi universel que les hommes ressentent face aux morts me protège des curieux ou des malicieux. Le lendemain matin, je n’oublie jamais de les remercier avant de decamper. Et aussi étrange que cela puisse paraître, cela me fait autant d’effet que de dire au revoir à un charitable hôte du monde des vivants, qui m’ouvre sa maison sans jamais attendre de remerciements. Une petite pincé larmoillante, je sais que l’éphémère de la route font que les au revoir, sont en réalité des adieux.

En parlant des vivants… Ceux pour qui, à cet instant de mon pèlerinage, des sentiments émergent à nouveau sous les tissus mouillés de mon attirail. La particularité d’un récit de voyage c’est qu’il est difficile pour le lecteur de s’attacher aux personnages de la même manière que l’auteur. Les caractéristiques constituantes de ces histoires font qu’ils n’ont qu’une présence éphémère, que cela soit dans l’enchaînement des actions que dans la vie qui entoure celui où celle qui en est au centre. Cependant je mettrai un point d’honneur à souligner l’existance de ceux qui m’ont le plus ému.

Avec cette petite aventure, cette mise en bouche avant le grand plongeon, j’ai essuyé deux terribles nuits dont celle de la tempête. Et à deux reprise des portes m’ont été ouverte par ces vivants pour qui j’ai tant de gratitude.

Pour ce qui ne l’auraient pas encore compris, fidèle aux écrits de Kerouac, je voyage comme les hobos célestes de la beat génération. Un portefeuille quasi vide et ma maison emballé sur le dos. Il n’y a pas de lit douillet ou sanitaire qui m’attendent au tournant d’un chemin. Ma toilette se fait au bord d’un ruisseau (au moment où je rédige ces mots, un pigeon me chie sur mon chapeau fétiche et mon genou guauche), et mon lit est fait sur l’herbe perlé par la rosé. La météo est donc mon meilleur ennemi. Ainsi je ne refuse jamais les mains qui me sont tendus par des âmes aussi magnifique que charitable, qui dans leur creux m’offrent un semblant de confort et de sécurité.

Le soir de la tempête, la protection des défunts me protège guère. Une jeune femme me voit au loin boire mon café tiède devant le feu de brindille. Gentille, elle me propose d’aller m’abriter dans l’atelier de feu son père, un grand sculpteur de métal. J’y est passé une nuit féerique à écouter le clapoti de la fulgurante averse poivré de grêlons s’exploser sur les statuts de fer. J’ai observé ce spectacle irréel les pied en éventails devant un vrai feu cette fois. Une bonne bûche braisé dans un bidon en taule fumait sur mes vêtement étendue. Et c’est là où j’ai rédigé le squelette du texte qui est aujourd’hui corp sous vos yeux.

Un autre soir, d’avant malheur, j’ai rencontré un fermier.

« -Tu fais Compostelle ?
-Oui
-C’est des gens courageux qui font ça ! Viens chez moi ! »

Il m’offrit une bouteille d’eau fraîche, une bière qui l’était encore plus, et m’invita à regarder le quart de finale de la coupe du monde. Entre deux corners il me proposa son pré pour la nuit afin que je puisse y dresser ma tente. Mais, borné comme je suis, je fuis à la mi-temps, désireux d’enfin retrouver l’ombre de la forêt d’ Orléans.

Ce que je ne savais pas, c’est que la foret avait été inondée deux semaines auparavant. L’eau stagnante avait accueilli une fructueuse orgie de moustique. Croyez-moi, j’en ai connu des jungles humides ou autres zones tropicales pleines de moustique (Haïti, Colombie, Mexique…). Jamais ils ne m’ont tant poussé à la folie que dans la foret d’Orléans. Par centaine les femelles me devoraient. Tellement que je ne pouvais même pas faire de pause afin de me désaltérer. Pour me protéger je mis un treillie au dessus de mon short, j’enfilai mon épais manteau en coton et mis un foulard autour de mon visage. J’ai marché 6km d’une traite. Arrivé à la nationale, j’espérais que les courants d’air des voitures les feraient fuir, mais ça ne fut pas le cas. Je compris alors que je ne pourrais pas dormir dans cette forêt. De plus, des impacts par balle sur les panneau de circulation me prévenis du caractère hostile de certains habitués de ces bois. Je n’avais pas le cœur à rebrousser chemin dans cet enfer. Alors j’invocais le pouce levé. Il fut inefficace. J’eus le droit à aucune sympathie ni pitié. En même temps, ma dégaine faisait peur à voir : Dégoulinant de sueur, frappant le vide en espérant tuer un moustique que viendrait à être remplacé par 10 autres, mon manteau sous 30 degrés de soleil sans nuages, le tout dans une forêt assombrit par le crépuscule … Imaginez la créature !

J’ai essayé de mimer un moustique aux voitures pour qu’elles comprennent. Cela n’aida pas mon cas. Alors je fus contraint de puiser dans ce qu’il me restait d’énergie et à contre cœur je fis demi tours dans la gueule du loup. Il fallu 4km pour que le chauffeur d’une BMW me pris en pitié. Heureusement, il était tombé en panne dans la foret quelque jours plus tôt et reconnu ma détresse, compris l’horreur dans laquelle j’étais plongé. Une fois de plus je me fis là promesse de ne jamais ignorer un confrère auto-stoppeur dans le besoin. Cette nuit là je dormis dans le jardin de cet aimable fermier retraité qui m’avait offert le calme de sa pelouse avant que je la rejette bêtement pour la folie vrombissante de ces bois urticaires. Il me demanda de lui écrire. J’espère qu’aujourd’hui il lira ces lignes, et ce mot que j’adresse à tout ce qui me redonnent foi en l’humanité : Merci.

Donc comme je vous le disais ce voyage était en réalité un entraînement. Rentrer pendant un temps sous le joug des conventions sociales propres aux lieux qui nous ont vu grandir, me fait généralement tomber dans des petites dépressions qui me font perdre tous les bienfaits des conditions physiques de la marche intensive avec gros sac. De plus, il fallait tester le matériel avant de partir. Tous les soirs -encore maintenant que je suis partis- je prends des notes : Ce qu’il me manque, ce qui est inutile, ce qui doit être remplacé… De plus j’essaie de garder une trace de mes capacités physiques : Combien de temps je peux être privé de nourriture, les distances parcourues, ma consommation d’eau… Histoire de ne pas se mettre en danger bêtement, et dans l’urgence, pouvoir prendre des décisions plus réfléchies.

Par exemple, en Ecosse, j’avais réussi à me tromper de montagne, – l’ironie m’a doté d’un sens de l’orientation particulièrement défectueux- et la déshydratation m’avait dangereusement atteinte. Depuis je porte toujours 3L d’eau quand je m’éloigne de la civilisation. 1L pour la nuit tombée et le matin au levé. Ce qui m’offre une demi journée de plus pour trouver un point d’eau.

Pour ce qu’il en etait du bilan matériel, tout était à changer. J’ai dû dire au revoir à mon plus vieux compagnon de route, un de mes plus fidèles ami : mon sac. Troué de part en part, dévoré par des animaux, déchiré par ma bêtise. Au revoir aussi à mon tapis de sol sans isolation au niveau des pieds et grignoté par un chien. Au revoir sac de couchage d’été sans fermeture éclair qui ne me protégera pas en Mongolie quand il fera -20 degrés. Et une fois de plus, au revoir à vous chers lecteurs et amis. Car quand je publierai ces lignes, je serai déjà bien loin. Mais vous aussi je vous emmène avec moi. Précieusement compartimentés. Rangés dans une poche de mon cœur.

2 commentaires sur « Introduction : Un désert dans le cœur français »

  1. Super texte Bryan ! Et comme elle est jolie cette phrase « .. Rangés dans une poche » de ton cœur. C’est très beau. Bon, on s’y perd un peu entre Orléans et la Pologne mais les anecdotes rendent le voyage tres concret, c’est chouette. Osciller entre du concret, des pensées et des anecdotes rend la lecture très agréable. Bonne route, bises

    J'aime

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s