Oh oui, mes chers lecteurs, mon histoire est loin d’être la plus belle…

Car il lui manque ce doux piment des romans de gare : un second rôle attachant. Une charmante compagnie brisant la monotonie solitaire d’un protagoniste qui enchaîne les rencontres éphémères d’un sentier aux mille visages.

Sans une courageuse princesse aventurière, je crains que les histoires que je vous propose vous privent de la matière sucrée qui intéressent les producteurs de Disney… Une imprévisible, fragile, et brûlante danse menant au feu d’artifice.

Mais désormais, je sais de source sûre que certains amants vivent le véritable conte de fées à la dimension épique qu’on leur a promis dans les petits écrans et pages illustrées de leur enfance.

En transportant leur amour aux quatre coins du globe, ils éclaboussent d’une chaleureuse vague de bonheur les pauvres chiens sans laisse de mon espèce. Comme un noël sans famille, les voyageurs romantiques solitaires, privés de leur muse, se laisseront peut-être émouvoir en ce jour où les commerçants du monde arnaquent les roucouleurs… Moi-même, je vais essayer de vendre un peu de rêve en ce 14 février.

Je vais vous parler d’un beau compromis… Celui qui consiste à accepter l’inévitable allieniation de l’âme à sa sœur sans pour autant l’emmuré dans la cage d’un foyer. Deux vies menottées par la soie, se condamnant à la sublime errance d’un voyage sans fin ; mettant à l’épreuve le grand défi du cœur sur l’étendue des routes.

Les flocons du desert

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C’est perdu dans une yourte fumante du désert de Gobi, entre deux chopes de bières et mes écrits, emmitouflé dans mon cuir lourd d’humidité et odorant, combattant l’étreinte du blizzard près d’un poële rongé par la rouille, que je fis la rencontre ces deux tourteaux voyageurs…

L’amour ne frappe pas à la porte de celui qui l’attend. Elle se présente sans crier garde, et jamais comme on se l’imagine. Quand le fragile verrou de l’entrée laissa entrer les courant d’air portant mon hôte, une femme d’origine nomade, et ce couple d’Argentins, malgré toutes les cartes du désert éparpillées sur la table basse, j’étais déboussolé.

Je pleins celui qui n’a jamais ressentit la rayonnante caresse d’un regard argentine. Ou serré la vigoureuse main du chanceux qui l’accompagne. Deux incroyables voyageurs dont l’histoire mérite d’etre rapporté… un 14 février.

Ce soir là, Gobi était plein de ces paradoxes appréciés des poètes : Un désert aride sous un rideau de neige, un néant emplie de vie, celle d’un homme qui parcourait le monde en quête de solitude, forcé par le destin de passer deux jours sous la toile avec deux êtres qui se sont promis de ne plus jamais l’être…

Depuis 9 mois, Carla et Augustin arpentent le continent asiatique en auto-stop. Leur voyage a débuté en Géorgie, puis s’est étendu à travers le Kazakhstan, l’Azerbaijan, la Russie, la Mongolie et plus récemment, la Thaïlande. Deux pairs de jambes côte à côte, parfois entrelacées, sur 14 000 km de voies terrestres. Avec un budget extrêmement restreint les poussant volontairement vers un mode de vie précaire sous la tente et chez l’habitant. Découvrant ainsi une nouvelle forme de richesse.

« Tu sais nous, on n’a pas de plan, on y va au feeling » me confit la belle Carla. « On se force pas à rester dans les endroits qui nous déplaisent, si le challenge est trop grand, on écoute notre instinct et on repart pour un nouveau lieu, une nouvelle aventure… ». Difficile de s’imaginer le sens qu’ils donnent au mot « challenge » ces deux guides montagnards de la région d’Ushuaia sont des dures à cuire, leur présence dans ce désert hostile suffisait comme preuve de leur courage.

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Leur aventure a t elle une fin ?

« Aujourd’hui, l’idée, c’est de revenir au point de départ. Quand ? Comment on va faire ca depuis la Thaïlande ? Aucune idée » ajoute-t-elle dans une vidéo interview que vous trouverez en bas de page.

« Je n’imagine pas ma vie sans le voyage. Je n’arrive pas à me projeter dans une vie où on serait établie. »

« J’ai besoin de voyager, cela me met au défi, me pousse à faire face à mes peurs. Cela m’aide à grandir, à développer une compréhension des autres et de moi-même. Me pousse à sortir de ma zone de confort. Quant à mon compagnon, (très timide, il ne se confira pas pendant notre deuxieme entrevue officielle en préparation de cet article) il n’avait jamais vraiment voyagé et certainement pas aussi longtemps. Je voulais qu’il vive cette expérience. »

« Notre meilleur souvenir ? On n’en a pas. Nous avons rencontré tant de belles personnes. Dormi sous les étoiles perdus au milieu de nul part… »

« Mais notre pire souvenir est très clair. On était en Mongolie, une personne est devenue très agressive par ce qu’on filmait. Par ce qu’il pensait que l’on montrait les aspects négatifs de sa culture. »

« Je pense que cela nous a appris l’importance d’interagir avec la population, de prouver que l’on est pas juste des appareils photos de passage. D’où l’importance d’apprendre quelques mots du vocabulaire local. On veut connaître le pourquoi et le comment qui se cachent derrieres les paysages. »

« On ne pense pas à faire de l’argent, nous ce qui nous intéresse c’est le volontariat. »

Et voyager avec son ou sa partenaire, est-ce que c’est un défi ?

« Voyager en tant que couple sur la route n’est pas toujours facile. Déjà, avoir une relation amoureuse n’est pas facile. Alors maintenant imaginez être avec cette personne 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. » dit Carla en rigolant. À cet instant, Augustin se met a innocemment titiller Carla pour l’embêter, ce qui la fait rire.

« Mais c’est aussi une façon de se recréer.

Ca nous pousse jusqu’aux limites de notre couple. On apprend à connaître le pire de l’un et l’autre et décidons que l’on peut s’en contenter. Les doutes qui surviennent nous poussent au dialogue, et on fini par se mettre d’accord sur la décision qui nous éloigne. Mais c’est une super expérience qui nous rend plus fort ! Je pense que tous les couples devraient se donner la chance de vivre une grande aventure. Voyager différemment sans connaître la prochaine étape. Un voyage où l’interaction est le mot d’ordre.

Car voyager, c’est la meilleure école de notre monde ! »

Et visiblement le meilleur conseiller conjugal aussi ! 😉

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Rédigé par notsolonelyroad

Derrière l'avatar vous trouverez un jeune homme comme les autres, en proie à sa passion qu'il tente de poursuivre tant bien que mal. Quelqu'un en quête d'évasion. Ouvert d'esprit et déterminé à comprendre mon prochain, je pars sur les routes avec pour seul compagnon mon sac à dos. Car j'ai toujours refusé de me contenter d'une simple projection de ce qu'est, et de ce que pourrait être, notre monde; d’être abruti par les frontières ridiculement gigantesques de l'ignorance et de la peur. C'est pourquoi je pars à la conquête des grands chemins perdus entre les oasis de la mondialisation, et cela dès que j'en ai l'occasion, pour me perdre. Ainsi, j’espère trouver l'introuvable, parler à l'inconnu, et visiter le mystérieux.

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